
Assurance vie : définition claire et fonctionnement pour bien comprendre
Assurance vie définition : contrat d'épargne, supports, fiscalité, transmission. Comprendre le principe en 2026 avec exemples chiffrés et conseils concrets.

L'assurance vie est un contrat d'épargne par lequel un souscripteur verse des primes à un assureur qui s'engage à constituer un capital ou verser une rente, soit à une date déterminée, soit au décès de l'assuré à un bénéficiaire désigné (economie.gouv.fr, 2025). Placement préféré des Français avec plus de 1 965 milliards d'euros d'encours à fin mars 2024 (Crédit Agricole), il combine épargne disponible, fiscalité attractive après 8 ans et transmission hors succession.
L'assurance vie est un contrat d'épargne conclu entre un souscripteur et un assureur qui permet de se constituer un capital à long terme, disponible à tout moment ou transmissible à des bénéficiaires désignés en cas de décès. C'est le placement préféré des Français, avec plus de 1 965 milliards d'euros d'encours à fin mars 2024, selon les données citées par le Crédit Agricole. Derrière ce succès, une mécanique simple et une fiscalité avantageuse que ce guide détaille étape par étape.
Pour les néophytes, il est essentiel de bien comprendre les bases de l'épargne avec une assurance vie pour les nuls afin d'en maîtriser tous les rouages.
Ce qu'il faut retenir
- L'assurance vie est un contrat d'épargne, pas une assurance décès : le souscripteur conserve la disponibilité de son capital.
- Deux grandes familles de supports coexistent : le fonds en euros (capital garanti, rendement modéré) et les unités de compte (potentiel de gain plus élevé, risque de perte).
- La fiscalité des rachats devient attractive après 8 ans de détention, avec un abattement annuel sur les gains.
- Au décès, le capital est transmis au bénéficiaire désigné hors succession, sous réserve des règles spécifiques pour les versements après 70 ans.
- La clause bénéficiaire est le point le plus technique du contrat : une rédaction imprécise peut annuler l'avantage successoral.
Assurance vie : définition en une phrase, sans jargon
Une assurance vie est un contrat par lequel un assureur s'engage, en contrepartie du versement de primes par le souscripteur, à constituer un capital ou à verser une rente, soit à une date déterminée (assurance en cas de vie), soit au décès de l'assuré à un bénéficiaire désigné (economie.gouv.fr, 2025). Autrement dit, c'est une enveloppe d'épargne à long terme qui reste disponible à tout moment et qui bascule automatiquement vers la transmission en cas de décès.
Le contrat d'assurance vie ne doit pas être confondu avec un livret d'épargne bancaire. Il s'agit d'un produit financier et assurantiel régi par le Code des assurances. L'assureur n'est pas un établissement de crédit, et le contrat obéit à des règles spécifiques de souscription, de rachat et de dénouement qu'il est utile de connaître avant d'ouvrir un contrat.
Ce placement sert à la fois des objectifs d'épargne personnelle (projet immobilier, retraite, études des enfants) et de transmission de patrimoine. Sa souplesse et son cadre fiscal en font un outil central de la stratégie patrimoniale des ménages français.
Souscripteur, assuré, bénéficiaire : qui est qui ?
Trois rôles structurent tout contrat d'assurance vie.
- Le souscripteur : la personne qui signe le contrat, verse les primes et détient le pouvoir décisionnel (choix des supports, rachats, modification de la clause bénéficiaire). C'est le « propriétaire » juridique du contrat.
- L'assuré : la personne sur la tête de qui repose le contrat. Son décès déclenche le versement du capital au bénéficiaire. Le souscripteur et l'assuré sont souvent la même personne, mais pas toujours.
- Le bénéficiaire : la personne désignée par le souscripteur pour recevoir le capital au décès de l'assuré. Cette désignation se fait librement, sans lien familial obligatoire, via la clause bénéficiaire.
La distinction entre ces trois rôles est capitale. Un souscripteur peut être assuré sur son propre contrat et désigner son conjoint comme bénéficiaire. Il peut aussi souscrire un contrat sur la tête de son conjoint et désigner ses enfants. Ces combinaisons produisent des effets juridiques et fiscaux différents.
Assurance vie vs assurance décès : ne pas confondre
L'assurance vie et l'assurance décès partagent le mot « assurance », mais leurs logiques sont opposées.
- L'assurance vie (contrat d'épargne) : le souscripteur constitue progressivement un capital qui lui appartient. Il peut le récupérer de son vivant, par rachat partiel ou total. Au décès, le capital accumulé est transmis au bénéficiaire. L'assuré profite de son épargne s'il est en vie.
- L'assurance décès (prévoyance) : le souscripteur paie des primes pour garantir le versement d'un capital fixé d'avance aux bénéficiaires si le risque assuré (décès) survient. Aucune épargne n'est constituée, et le souscripteur ne peut pas récupérer les primes versées.
Confondre ces deux contrats conduit à des erreurs de souscription. Une assurance décès ne permet pas de se constituer une épargne. Une assurance vie, elle, ne garantit pas un capital prédéterminé au décès : elle transmet ce qui a été accumulé.
Cette distinction est importante, notamment en ce qui concerne la fiscalité de l'assurance vie et les impôts qui y sont associés.
Comment fonctionne une assurance vie : les mécanismes essentiels
Le contrat d'assurance vie repose sur un cycle simple : le souscripteur verse des primes, les choisit sur quels supports les investir, le capital se valorise avec le temps, et il peut être récupéré par rachat ou transmis au décès. Chaque étape engage des décisions concrètes et produit des conséquences fiscales distinctes.
À fin mars 2024, les encours de l'assurance vie atteignaient plus de 1 965 milliards d'euros en France, un chiffre qui illustre la place centrale de ce produit dans l'épargne des ménages (Crédit Agricole, citant des données de marché). En décembre 2019, la Direction générale du Trésor évoquait déjà 1 700 milliards d'euros d'encours (tresor.economie.gouv.fr), ce qui montre la progression constante de ce placement.
À cet égard, le taux assurance vie 2026 sera déterminant pour de nombreux épargnants.
Pour approfondir le fonctionnement détaillé du contrat, consultez notre guide sur comment fonctionne concrètement une assurance vie.
Fonds en euros : sécurité et rendement garanti
Le fonds en euros est le support historique de l'assurance vie. Son principe tient en un mot : la garantie. Le capital investi est protégé, et les gains accumulés chaque année sont définitivement acquis, un mécanisme dit « effet cliquet » propre à l'assurance vie.
Concrètement, l'assureur investit principalement le fonds en euros dans des obligations d'État et d'entreprises. Le rendement servi dépend donc de l'évolution des taux d'intérêt. À titre d'illustration, le fonds en euros Euro Exclusif affiche un objectif de rendement non garanti de 4,50 % net pour 2026 et 2027, selon les informations publiées par Boursorama : ce chiffre est un objectif, pas une promesse.
Les avantages du fonds en euros sont sa sécurité et sa liquidité permanente. Sa limite : un rendement modéré sur longue période, après déduction des frais de gestion annuels.
Unités de compte : potentiel plus élevé, risque assumé
Les unités de compte (UC) sont des supports d'investissement non garantis, adossés à des actifs financiers variés : actions, obligations, immobilier, placements internationaux. Le souscripteur supporte le risque de fluctuation : la valeur de son épargne peut monter comme baisser.
En contrepartie, le potentiel de rendement à long terme est supérieur à celui des fonds en euros. Les UC permettent d'accéder à des classes d'actifs diversifiées et de construire une allocation personnalisée selon son horizon de placement et sa tolérance au risque.
La plupart des contrats d'assurance vie modernes sont « multisupports » : ils combinent un fonds en euros (pour le socle sécurisé) et une sélection d'UC (pour la dynamique de rendement). L'arbitrage entre ces deux familles de supports est l'acte central de la gestion du contrat.
Rachat partiel ou total : comment récupérer son épargne
Le rachat désigne le retrait de tout ou partie de l'épargne accumulée sur le contrat. Il peut être partiel (retrait d'une fraction du capital, le contrat continue) ou total (clôture du contrat).
La disponibilité de l'épargne est permanente : un souscripteur peut racheter à tout moment, même quelques mois après l'ouverture du contrat. Ce retrait n'est toutefois pas neutre fiscalement : les gains réalisés sont imposables selon la durée de détention du contrat. Plus le contrat est ancien, plus la fiscalité est favorable.
Le rachat partiel programmé est un outil utilisé pour se constituer un complément de revenu régulier, notamment à la retraite. Le souscripteur programme des retraits périodiques tout en laissant le solde continuer à fructifier.
À quoi sert une assurance vie ? Les trois grandes utilisations
Au-delà de sa définition technique, l'assurance vie répond à trois objectifs patrimoniaux concrets dans la vie des épargnants. Ces trois usages coexistent souvent dans le même contrat.
Avec plus de 1 965 milliards d'euros d'encours à fin mars 2024, l'assurance vie reste le placement préféré des Français, loin devant le Livret A (Crédit Agricole, juin 2024). Sa polyvalence explique cette position dominante : aucun autre produit d'épargne ne combine simultanément ces trois fonctions.
Épargner et faire fructifier son capital
L'assurance vie fonctionne comme un réservoir d'épargne sans plafond de versement, contrairement au Livret A (plafonné à 22 950 €) ou au LDDS (12 000 €). Le souscripteur peut y loger des sommes conséquentes et les faire travailler sur les marchés financiers via les unités de compte, ou en sécurité sur le fonds en euros.
L'horizon recommandé dépasse généralement 8 ans pour bénéficier du cadre fiscal le plus favorable. Passé ce cap, les gains retirés profitent d'un abattement annuel significatif. La valorisation du capital n'est imposée qu'au moment du rachat : tant que l'argent reste dans le contrat, les gains accumulés ne sont pas soumis à l'impôt sur le revenu.
Cette souplesse permet de financer des projets à moyen ou long terme : achat immobilier, études des enfants, création d'entreprise. Le contrat s'adapte au rythme de vie du souscripteur, qui peut interrompre ou reprendre ses versements librement.
En effet, la taxation de l'assurance vie et le budget 2026 continuent de susciter un vif intérêt pour les épargnants.
Préparer sa retraite avec un complément de revenus
L'assurance vie offre un cadre adapté à la préparation de la retraite, en complément du Plan d'Épargne Retraite (PER). Le souscripteur accumule un capital pendant sa vie active, puis organise des rachats partiels programmés une fois à la retraite.
Ces rachats périodiques génèrent un flux de revenus régulier, qui s'ajoute aux pensions de retraite obligatoires. La fiscalité après 8 ans : abattement annuel de 4 600 € pour une personne seule, 9 200 € pour un couple sur les gains : rend cette stratégie efficace pour les retraits modérés.
Autre avantage par rapport au PER : la disponibilité permanente. Si un imprévu survient avant la retraite, le souscripteur peut puiser dans son contrat sans attendre l'âge légal de liquidation des droits.
Transmettre un capital à ses bénéficiaires hors succession
Au décès de l'assuré, le capital présent sur le contrat d'assurance vie est versé au bénéficiaire désigné dans la clause bénéficiaire. Ce versement s'opère hors succession : il échappe aux règles du partage entre héritiers légaux et, dans une large mesure, aux droits de succession.
Ce mécanisme est particulièrement utilisé pour protéger un conjoint non marié, favoriser un enfant sans léser les autres, ou transmettre à une personne sans lien de parenté qui serait lourdement taxée dans le cadre successoral classique. La désignation du bénéficiaire est libre et peut être modifiée à tout moment par le souscripteur.
De plus, le processus de retrait assurance vie nécessite une bonne compréhension pour éviter toute mauvaise surprise.
L'avantage successoral connaît des limites pour les primes versées après 70 ans. Au-delà d'un abattement global de 30 500 €, la fraction excédentaire des primes versées après cet âge est réintégrée dans la succession et soumise aux droits de succession (service-public.gouv.fr).
Assurance vie expliquée avec un exemple chiffré concret
Prenons un scénario concret pour illustrer le mécanisme de l'assurance vie sur la durée. Tous les chiffres de rendement utilisés dans cet exemple sont des hypothèses prudentes de simulation, pas des garanties.
Un souscripteur unique, âgé de 45 ans, ouvre un contrat d'assurance vie multisupport avec un versement initial de 30 000 €. Il répartit son capital à 60 % sur le fonds en euros (socle sécurisé) et 40 % sur des unités de compte diversifiées (potentiel de croissance).
Hypothèse de rendement moyen annualisé retenue pour la simulation : 2,5 % net par an sur le fonds en euros et 5 % net par an sur les unités de compte, soit un rendement pondéré d'environ 3,5 % net par an sur l'ensemble du contrat. Cette hypothèse est une construction pédagogique ; le rendement réel dépendra des marchés financiers et des performances des supports choisis.
Après 8 ans, le capital atteint environ 39 500 €, soit une plus-value latente d'environ 9 500 €. Le souscripteur décide alors d'effectuer un rachat partiel de 15 000 € pour financer un projet.
Scénario : versement, valorisation et rachat après 8 ans
La fiscalité applicable à ce rachat partiel dépend directement de la durée de détention du contrat.
Le contrat a plus de 8 ans. La plus-value contenue dans le rachat de 15 000 € est proportionnelle à la plus-value totale du contrat. Sur 39 500 € de capital, la part de gain est d'environ 9 500 €, soit 24 % du total. Le rachat de 15 000 € contient donc environ 3 600 € de gain imposable.
Ce gain bénéficie de l'abattement annuel de 4 600 € pour une personne seule (impots.gouv.fr). La plus-value de 3 600 € est entièrement couverte par l'abattement : aucune imposition sur le revenu n'est due. Seuls les prélèvements sociaux au taux de 17,2 % s'appliquent sur le gain, soit environ 619 €.
Il est également pertinent de se pencher sur les taux d'intérêt de l'assurance vie afin d'optimiser ses gains.
Après prélèvements sociaux, le souscripteur récupère environ 14 380 € nets. Ce cas montre l'intérêt concret de laisser le contrat mûrir au-delà de 8 ans.
Ce que l'abattement fiscal change concrètement
Si le même rachat avait eu lieu avant 4 ans de détention, le gain de 3 600 € aurait été soumis au barème progressif de l'impôt sur le revenu, sans abattement, plus les 17,2 % de prélèvements sociaux. Pour un souscripteur dans la tranche à 30 %, l'addition fiscale (IR + PS) aurait atteint environ 1 700 €.
Entre 4 et 8 ans, une option alternative existe : le prélèvement forfaitaire libératoire de 15 % sur les gains, au lieu du barème progressif. Ce taux peut être plus avantageux pour les contribuables fortement imposés. Mais l'abattement annuel ne s'applique pas encore.
Après 8 ans, le taux du prélèvement forfaitaire libératoire tombe à 7,5 % sur les gains correspondant aux primes versées jusqu'à 150 000 €, cumulé avec l'abattement annuel. Le différentiel de fiscalité est significatif : pour un rachat modéré, l'impôt peut être nul grâce à l'abattement. Un écart de plusieurs centaines d'euros par an justifie la patience, surtout pour les gros contrats.
Fiscalité de l'assurance vie : ce que vous devez savoir avant de souscrire
La fiscalité est le deuxième critère de choix d'un contrat d'assurance vie, après la qualité des supports financiers. Le régime applicable dépend de la durée de détention du contrat au moment du rachat, et de la nature de l'événement (rachat de son vivant ou décès).
Comprendre l'impact des taux d'intérêt assurance vie est crucial pour optimiser votre épargne.
Pour une analyse détaillée des prélèvements sociaux, notre article sur le taux de CSG applicable à votre assurance vie en 2026 détaille le taux de 17,2 % et les exceptions.
Service-public.gouv.fr (mise à jour janvier 2026) expose les principes généraux, et impots.gouv.fr fournit le détail des régimes d'imposition. Les règles qui suivent en sont la synthèse.
Fiscalité des rachats selon la durée du contrat
La fiscalité des gains au rachat se décline en trois régimes selon l'ancienneté du contrat.
- Moins de 4 ans : les gains sont soumis au barème progressif de l'impôt sur le revenu, sans abattement. Les prélèvements sociaux de 17,2 % s'ajoutent. C'est le régime le plus lourd.
- Entre 4 et 8 ans : le souscripteur choisit entre le barème progressif et le prélèvement forfaitaire libératoire de 15 %. Les prélèvements sociaux de 17,2 % restent dus. Aucun abattement annuel.
- Plus de 8 ans : abattement annuel de 4 600 € pour une personne seule, 9 200 € pour un couple sur les gains. Au-delà, le taux applicable est le prélèvement forfaitaire libératoire de 7,5 % (pour les primes inférieures à 150 000 €) ou, après abattement, 12,8 % selon l'option choisie (service-public.gouv.fr). Les prélèvements sociaux de 17,2 % sont toujours dus.
L'abattement se renouvelle chaque année. Un souscripteur qui programme des rachats partiels annuels inférieurs au seuil d'abattement peut ainsi retirer des gains sans payer d'impôt sur le revenu.
Pour ceux qui envisagent une solution d'épargne, la Macif Assurance Vie peut être une option intéressante à étudier.
Fiscalité pour le bénéficiaire en cas de décès de l'assuré
Au décès de l'assuré, le capital du contrat est versé au bénéficiaire désigné. Le régime fiscal dépend de l'âge de l'assuré au moment des versements.
- Primes versées avant 70 ans : chaque bénéficiaire profite d'un abattement de 152 500 € sur les sommes reçues. Au-delà, un prélèvement forfaitaire de 20 % s'applique jusqu'à 700 000 €, puis 31,25 % au-delà (impots.gouv.fr). Cet abattement se cumule par bénéficiaire, ce qui incite à désigner plusieurs bénéficiaires.
- Primes versées après 70 ans : un abattement global de 30 500 € s'applique, tous bénéficiaires et tous contrats confondus. Les primes excédentaires réintègrent la succession et sont soumises aux droits de succession selon le lien de parenté. En revanche, les gains générés par ces primes restent totalement exonérés de droits de succession, ce qui constitue un avantage notable.
Cette distinction avant/après 70 ans est centrale dans toute stratégie de transmission utilisant l'assurance vie.
En cas de décès, comprendre les abattements spécifiques de l'assurance vie décès est crucial pour les bénéficiaires.
L'erreur courante à éviter : mal rédiger la clause bénéficiaire
La clause bénéficiaire est le dispositif qui détermine à qui le capital sera versé au décès de l'assuré. Sa rédaction engage l'efficacité de toute la stratégie de transmission. Une clause mal formulée peut aboutir au résultat inverse de celui recherché.
L'enjeu n'est pas théorique. La jurisprudence et l'expérience des notaires montrent que les conflits familiaux autour des clauses bénéficiaires sont une source fréquente de contentieux.
Pourquoi une clause mal rédigée peut annuler l'avantage successoral
Trois erreurs classiques compromettent l'avantage successoral de l'assurance vie.
- La clause « mes héritiers » : formulation vague qui réintègre le capital dans la succession. Les héritiers sont déterminés par la loi, pas par le souscripteur. Résultat : le capital est soumis aux droits de succession et partagé selon les règles légales, annulant l'intérêt du contrat.
- Le bénéficiaire prédécédé non remplacé : si le bénéficiaire désigné décède avant l'assuré et que la clause ne prévoit pas de bénéficiaire subsidiaire (en second rang), le capital tombe dans la succession au décès de l'assuré.
- La clause non mise à jour après un changement de situation : divorce, remariage, naissance d'un enfant, décès d'un proche. Une clause rédigée il y a 15 ans peut désigner un ex-conjoint que le souscripteur ne souhaite plus avantager.
La clause bénéficiaire se modifie à tout moment par simple avenant au contrat ou par testament déposé chez le notaire.
Comment vérifier et mettre à jour sa clause bénéficiaire
La clause bénéficiaire standard proposée par les assureurs est souvent rédigée ainsi : « mon conjoint non divorcé, à défaut mes enfants nés ou à naître, vivants ou représentés, à défaut mes héritiers ». Cette formulation couvre les cas courants et prévoit une cascade de bénéficiaires subsidiaires.
Le souscripteur souhaitant un schéma plus précis (démembrement de la clause entre usufruitier et nu-propriétaire, répartition par quote-part, désignation d'un bénéficiaire sans lien de parenté) doit solliciter l'aide d'un notaire ou d'un conseiller en gestion de patrimoine.
⚠️ Attention : la rédaction de la clause bénéficiaire engage des conséquences juridiques et fiscales définitives au décès. Un professionnel (notaire, avocat fiscaliste) peut seul valider la conformité de la clause avec vos objectifs et votre situation familiale.
Par ailleurs, une interdiction légale existe : il est défendu de contracter une assurance en cas de décès sur la tête d'un mineur de moins de 12 ans ou d'un majeur sous tutelle (Code des assurances, legifrance.gouv.fr).
Assurance vie après 70 ans : règles spécifiques et intérêt du placement
Ouvrir une assurance vie après 70 ans reste possible et présente un intérêt patrimonial spécifique, différent de celui d'un contrat souscrit plus jeune. La logique dominante n'est plus l'épargne long terme pour soi, mais la transmission optimisée à ses proches.
Le mécanisme fiscal évoqué plus haut change de régime à cet âge. Pour les primes versées après 70 ans, l'abattement successoral n'est que de 30 500 €, tous contrats et bénéficiaires confondus. Les primes excédentaires tombent dans la succession et sont taxées selon le lien de parenté. Les gains générés, eux, échappent totalement aux droits de succession, ce qui conserve un avantage significatif.
En pratique, le contrat ouvert après 70 ans sert surtout à loger des liquidités dont on n'a pas l'usage immédiat et à les transmettre en profitant de l'exonération des gains. Pour comparer les offres actuelles, consultez notre guide pour comparer les meilleures assurances vie du marché en 2026.
À fin mars 2024, les encours totaux dépassaient 1 965 milliards d'euros (Crédit Agricole), preuve que le produit conserve sa pertinence à tous les âges, y compris pour les épargnants seniors.
Fiche pratique
| Encours total (mars 2024) | 1 965 milliards d'euros |
| Abattement fiscal rachat (> 8 ans) | 4 600 € / personne seule, 9 200 € / couple |
| Abattement succession primes < 70 ans | 152 500 € par bénéficiaire |
| Abattement succession primes > 70 ans | 30 500 € global, tous contrats confondus |
| Taux prélèvements sociaux | 17,2 % |
| Prélèvement libératoire rachat (> 8 ans) | 7,5 % (primes < 150 000 €) |
| Plafond Livret A (comparaison) | 22 950 € |
| Code des assurances | Articles L131-1 et suivants, legifrance.gouv.fr |
Sources
- impots.gouv.fr
- economie.gouv.fr
- impots.gouv.fr
- legifrance.gouv.fr
- legifrance.gouv.fr
- tresor.economie.gouv.fr
- credit-agricole.fr
- boursorama.com
Cet article est fourni à titre informatif et ne constitue pas un conseil financier personnalisé. Avant toute décision, rapprochez-vous d'un professionnel agréé.
Questions courantes
Qu'est-ce qu'une assurance vie ?
L'assurance vie est un contrat d'épargne et d'assurance par lequel le souscripteur verse des primes à un assureur qui s'engage, en contrepartie, à constituer un capital ou verser une rente à une date déterminée (assurance en cas de vie), ou à transmettre le capital à un bénéficiaire désigné au décès de l'assuré (source : impots.gouv.fr, service-public.gouv.fr). Il ne s'agit pas d'une assurance décès classique.
Quel est le principe d'une assurance vie ?
Le principe repose sur un contrat entre un souscripteur et un assureur. Le souscripteur verse des primes, investies sur des supports financiers (fonds en euros sécurisés ou unités de compte plus dynamiques). L'épargne accumulée est disponible à tout moment par rachat partiel ou total, ou transmise hors succession aux bénéficiaires désignés au décès de l'assuré (service-public.gouv.fr, 2026).
Quel est l'intérêt d'avoir une assurance vie ?
L'assurance vie combine trois atouts : constituer une épargne long terme sans plafond de versement, bénéficier d'une fiscalité avantageuse sur les gains après 8 ans de détention (abattement annuel de 4 600 € pour une personne seule, 9 200 € pour un couple selon impots.gouv.fr), et transmettre un capital à ses bénéficiaires hors droits de succession, dans certaines limites.
Quel est le but d'une assurance vie ?
Le but est triple : faire fructifier un capital sur le long terme grâce aux marchés financiers ou aux fonds en euros, préparer un complément de revenus pour la retraite, et organiser la transmission de son patrimoine à des bénéficiaires désignés librement, hors du cadre successoral classique (economie.gouv.fr, 2025).
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