Taxe assurance vie : le guide complet de la fiscalité en 2026
Taxe assurance vie 2026 : flat tax 30 %, abattements après 8 ans, prélèvements sociaux, succession. Tout comprendre en un guide clair et chiffré.

La taxe sur l'assurance vie ne porte que sur les gains (intérêts, plus-values), jamais sur le capital versé. Avant 8 ans, les rachats sont soumis à la flat tax de 30 % (12,8 % d'impôt sur le revenu + 17,2 % de prélèvements sociaux). Après 8 ans, un abattement annuel de 4 600 € (personne seule) ou 9 200 € (couple) s'applique sur les gains, avec un taux réduit d'IR à 7,5 % pour les versements antérieurs au 27 septembre 2017.
Seuls les gains sont imposables sur une assurance vie, pas le capital que vous avez versé. Cette distinction est le point de départ de toute stratégie fiscale. La taxe sur l'assurance vie obéit à un mécanisme progressif : flat tax de 30 % avant 8 ans, puis abattement et taux réduit ensuite, avec un régime successoral spécifique. Ce guide déroule chaque étape, du rachat à la transmission, en s'appuyant sur les données officielles de l'administration fiscale (impots.gouv.fr) et du ministère de l'Économie (economie.gouv.fr).
Ce qui est réellement taxé dans une assurance vie (et ce qui ne l'est pas)
Un contrat d'assurance vie se compose de deux masses distinctes sur le plan fiscal : le capital (les primes que vous avez versées) et les gains (les intérêts et plus-values générés par ce capital).
Le capital n'est jamais imposable. Vous versez 20 000 € sur un contrat, ce sont vos deniers nets d'impôt ou d'épargne déjà fiscalisée ; l'administration ne les taxe pas une seconde fois. Seuls les gains accumulés au fil des ans entrent dans le champ de l'imposition. Cette règle vaut quelle que soit la durée du contrat.
Cette distinction est souvent mal comprise. Beaucoup de souscripteurs pensent que « tout » ce qu'ils retirent est taxé. L'erreur classique consiste à raisonner sur le montant total du rachat plutôt que sur la seule part d'intérêts incluse. Pour un retrait, l'assureur détermine la quote-part de gains dans la somme demandée : c'est cette fraction qui servira de base imposable.
💡 À noter : le fisc ne peut taxer que ce qui n'a jamais été imposé. Les primes versées proviennent de revenus déjà soumis à l'impôt ou d'une épargne exonérée (héritage, donation).
Capital versus gains : la distinction fondamentale
Le capital (les primes versées) est la somme que vous avez placée sur le contrat. Il n'est jamais soumis à l'impôt sur le revenu lors d'un rachat, quelle que soit l'ancienneté du contrat. Les gains, eux, représentent les intérêts capitalisés (fonds euros) et les plus-values latentes (unités de compte). Ce sont exclusivement ces gains qui subissent la fiscalité.
Selon l'article 125-0 A du Code général des impôts, l'assiette imposable lors d'un rachat est constituée par « la différence entre le montant des sommes remboursées et le montant des primes versées ». Chaque rachat, partiel ou total, déclenche le calcul d'une quote-part de gains, proportionnellement à la fraction de capital retirée.
Tant qu'il n'y a pas de rachat, aucun impôt sur le revenu n'est dû
Tant qu'aucun rachat n'intervient, l'impôt sur le revenu ne trouve pas de fait générateur. Les intérêts s'accumulent, les plus-values latentes sur les unités de compte évoluent, mais rien n'est dû au fisc.
Les prélèvements sociaux constituent une exception notable pour les fonds euros. Depuis la loi de financement de la Sécurité sociale pour 2010, les intérêts des fonds euros sont soumis chaque année aux prélèvements sociaux (17,2 % en 2026) par prélèvement direct de l'assureur, même sans rachat. Pour les unités de compte, ces mêmes prélèvements ne sont dus qu'au moment du rachat ou du décès.
Nous détaillons ce mécanisme dans notre article consacré au taux de CSG sur l'assurance vie en 2026.
Imposition assurance vie avant 8 ans : la flat tax de 30 %
Pour tout contrat d'assurance vie de moins de 8 ans, le régime fiscal de base est le Prélèvement Forfaitaire Unique (PFU), communément appelé flat tax. Ce taux global de 30 % se décompose en 12,8 % au titre de l'impôt sur le revenu et 17,2 % au titre des prélèvements sociaux (CSG, CRDS, prélèvement de solidarité).
Ce taux s'applique sur la quote-part de gains incluse dans le rachat, pas sur le montant total retiré. Un rachat de 10 000 € contenant 3 000 € de gains génère une imposition de 900 € (30 % × 3 000 €), prélevée directement par l'assureur.
Les prélèvements sociaux de 17,2 % s'appliquent dans tous les cas, y compris si vous optez pour le barème progressif de l'impôt sur le revenu. Ils ne sont pas une variable d'ajustement.
📌 Important : la flat tax de 30 % est le régime par défaut. L'option pour le barème progressif doit être exercée expressément au moment de la déclaration de revenus, et elle est globale (tous les revenus de capitaux mobiliers du foyer fiscal concernés).
PFU 30 % : composition et calcul
La flat tax se compose de deux strates juridiquement distinctes :
- Impôt sur le revenu (12,8 %) : c'est un prélèvement forfaitaire libératoire. L'administration fiscale ne revient pas dessus, sauf option contraire du contribuable.
- Prélèvements sociaux (17,2 %) : ils financent la Sécurité sociale (CSG à 9,2 %, CRDS à 0,5 %, prélèvement de solidarité à 7,5 %). Ces 17,2 % sont définitifs et non remboursables.
L'assureur calcule automatiquement le PFU et le reverse à l'administration via un prélèvement à la source. Le contribuable reçoit le solde net. Aucune déclaration complémentaire n'est requise si le PFU est conservé.
Option barème progressif : quand est-elle avantageuse ?
Opter pour le barème progressif de l'impôt sur le revenu consiste à renoncer au taux forfaitaire de 12,8 % et à intégrer les gains d'assurance vie dans l'ensemble des revenus du foyer fiscal. Cette option est irrévocable pour l'année considérée.
Elle devient pertinente lorsque le taux marginal d'imposition (TMI) du contribuable est inférieur à 12,8 %, soit pour les tranches à 0 % (revenus jusqu'à 11 600 € en 2026 pour une part) et à 11 % (de 11 601 € à 29 579 €).
Un célibataire déclarant 18 000 € de revenu net imposable se situe dans la tranche à 11 %. Intégrer 2 000 € de gains d'assurance vie au barème lui coûtera 11 % d'IR au lieu de 12,8 %. Les 17,2 % de prélèvements sociaux restent dus dans tous les cas.
Pour approfondir le calcul de votre TMI, consultez notre guide complet assurance vie et impôts 2026.
L'essentiel
- Seuls les gains sont imposables : le capital versé n'est jamais taxé lors d'un rachat
- La flat tax de 30 % s'applique aux rachats avant 8 ans, avec option possible pour le barème progressif
- Après 8 ans, un abattement annuel de 4 600 € (célibataire) ou 9 200 € (couple) s'applique sur les gains
- Le régime successoral dépend de l'âge au versement : 152 500 € par bénéficiaire avant 70 ans, 30 500 € global après
- Les prélèvements sociaux de 17,2 % sont dus dans tous les cas, y compris au décès pour les gains non encore soumis
Imposition assurance vie après 8 ans : abattement et taux réduit
Passé le cap des 8 ans, l'assurance vie bascule dans un régime fiscal nettement plus favorable. Deux mécanismes se cumulent : un abattement annuel sur les gains et un taux d'impôt réduit.
L'abattement annuel est de 4 600 € pour une personne seule (célibataire, veuve, divorcée) et de 9 200 € pour un couple marié ou pacsé soumis à imposition commune. Cet abattement s'applique exclusivement aux gains : si vos gains annuels sont inférieurs à ce seuil, vous ne payez aucun impôt sur le revenu au titre de ce rachat.
Au-delà de l'abattement, le taux d'IR applicable dépend de la date des versements. Le régime post-8 ans constitue la principale incitation fiscale au maintien du contrat dans la durée. C'est aussi levier d'optimisation le plus accessible pour qui peut différer ses retraits.
💡 À noter : l'abattement se renouvelle chaque année civile. Un rachat effectué en décembre et un autre en janvier permettent de mobiliser deux années d'abattement en quelques semaines.
Abattement annuel : 4 600 € ou 9 200 € selon la situation familiale
L'abattement est strictement personnel et lié au foyer fiscal :
- 4 600 € pour un célibataire, veuf ou divorcé
- 9 200 € pour un couple marié ou pacsé soumis à déclaration commune
Cet abattement porte sur la seule fraction de gains incluse dans le rachat. Il n'est pas reportable : la fraction non utilisée une année est perdue. Il se combine avec le taux réduit d'IR pour les gains qui excèdent l'abattement.
L'abattement s'applique par contrat, mais le plafond est global au niveau du foyer. Un couple ne peut pas cumuler 9 200 € sur deux contrats distincts détenus par chacun des conjoints.
Taux 7,5 % vs 12,8 % : le rôle de la date des versements et du seuil 150 000 €
La date du 27 septembre 2017 constitue une ligne de partage décisive. Elle correspond à l'entrée en vigueur de la loi de finances pour 2018 qui a introduit le PFU.
Versements antérieurs au 27 septembre 2017 : les gains correspondants, après abattement, sont imposés au taux historique de 7,5 % d'IR. Ce taux s'applique sous réserve que l'encours total de primes versées par le souscripteur sur l'ensemble de ses contrats n'excède pas 150 000 €. Au-delà de ce seuil, le taux remonte à 12,8 %.
Versements postérieurs au 27 septembre 2017 : le taux d'IR est de 12,8 % après abattement, identique à la composante IR de la flat tax.
Dans les deux cas, les prélèvements sociaux de 17,2 % sont toujours dus. Le tableau ci-dessous synthétise ces régimes.
Cas pratique chiffré : rachat partiel après 8 ans
Prenons un cas concret pour illustrer le mécanisme d'imposition après 8 ans de détention.
Profil : un célibataire, contrat ouvert depuis 10 ans, intégralement alimenté par des versements antérieurs au 27 septembre 2017. Valeur de rachat : 50 000 €, dont 8 000 € de gains. Il effectue un rachat partiel de 10 000 €.
Calcul de la quote-part de gains : (gains / capital total) × montant du rachat = (8 000 / 50 000) × 10 000 = 1 600 € de gains.
Application de l'abattement : 1 600 € < 4 600 €, donc l'abattement absorbe la totalité des gains. Aucun impôt sur le revenu n'est dû.
Prélèvements sociaux : 17,2 % × 1 600 € = 275,20 €. Ce montant est prélevé par l'assureur. Le contribuable récupère 10 000 € − 275,20 € = 9 724,80 €.
Comparaison avec un rachat avant 8 ans : la flat tax de 30 % sur 1 600 € aurait coûté 480 €. Le gain fiscal lié à l'ancienneté du contrat est ici de 204,80 €. Pour un rachat total avec 8 000 € de gains, l'économie serait bien plus significative : 30 % × 8 000 = 2 400 € contre, après 8 ans, (8 000 − 4 600) × 7,5 % + 17,2 % × 8 000 = 255 € + 1 376 € = 1 631 €, soit un gain de 769 €.
Les prélèvements sociaux sur l'assurance vie : fonctionnement et moment de prélèvement
Les prélèvements sociaux au taux de 17,2 % (source : impots.gouv.fr) obéissent à une chronologie de prélèvement différente selon le support d'investissement. Cette distinction entre fonds euros et unités de compte est souvent mal maîtrisée par les souscripteurs.
Le taux de 17,2 % se décompose en CSG (9,2 %), CRDS (0,5 %), prélèvement de solidarité (7,5 %). Contrairement à l'impôt sur le revenu, les prélèvements sociaux sont définitifs : aucun mécanisme d'abattement ni de taux réduit ne s'y applique.
L'erreur la plus fréquente consiste à croire que les prélèvements sociaux ne sont dus qu'au moment du rachat, quel que soit le support. En réalité, pour le fonds euros, le prélèvement annuel réduit mécaniquement le rendement net servi.
Pour une analyse détaillée de la CSG, notre article dédié au taux de CSG sur l'assurance vie en 2026 détaille la décomposition exacte.
Fonds euros : prélèvement annuel des PS à la source
Pour les contrats en fonds euros, l'assureur prélève les 17,2 % de prélèvements sociaux chaque année, directement sur les intérêts bruts. Ce mécanisme est automatique et n'attend pas un rachat.
Un fonds euros qui affiche un rendement brut de 2,5 % après frais de gestion verra son rendement net servi au souscripteur amputé des PS : 2,5 % × (1 − 0,172) = 2,07 % nets de prélèvements sociaux. L'effet est immédiat et visible sur le relevé annuel.
Cette particularité chronologique explique pourquoi un contrat en fonds euros détenu depuis 10 ans aura déjà subi 10 prélèvements annuels, même sans aucun rachat. Au décès du souscripteur, les gains déjà soumis aux PS ne sont pas imposés une seconde fois au titre de ces mêmes prélèvements.
Unités de compte et rachats : PS prélevés au moment du rachat
Pour les unités de compte (UC), le mécanisme diffère radicalement. Les prélèvements sociaux ne sont pas acquittés chaque année, mais uniquement lors d'un fait générateur : rachat (partiel ou total) ou décès.
Cette différence tient à la nature même des UC. Tant que les plus-values sont latentes, aucun flux monétaire ne permet de prélever les PS. Le dénouement intervient au rachat, sur la quote-part de gains incluse dans la somme retirée.
Ce traitement différencié entre fonds euros et UC a une conséquence pratique : un contrat majoritairement investi en UC verra une part importante des prélèvements sociaux concentrée au moment du rachat. Le souscripteur doit l'anticiper pour ne pas surestimer le montant net qu'il va percevoir.
Fiscalité assurance vie après 70 ans et transmission successorale
L'assurance vie bénéficie d'un cadre successoral spécifique, régi par les articles 990 I et 757 B du Code général des impôts. Contrairement à une idée répandue, elle n'échappe pas totalement aux droits de succession.
Le régime applicable dépend de l'âge du souscripteur au moment des versements. La frontière est l'âge de 70 ans. L'erreur classique consiste à ignorer que les primes versées après 70 ans sont traitées différemment, avec un abattement global bien moins favorable. Une clause bénéficiaire mal rédigée peut aggraver la situation en concentrant les capitaux sur un seul bénéficiaire.
Les sommes transmises sont exonérées de droits de succession dans la limite des abattements, puis soumises à un barème spécifique. Les gains attachés aux primes versées avant 70 ans bénéficient d'un régime particulièrement avantageux puisqu'ils ne subissent ni les prélèvements sociaux ni l'impôt sur le revenu au décès. Pour les primes versées après 70 ans, les gains restent exonérés, seules les primes au-delà de 30 500 € réintègrent l'actif successoral.
⚠️ Attention : croire que l'assurance vie échappe complètement aux droits de succession peut conduire à des déconvenues. Une prime de 200 000 € versée à 72 ans verra 169 500 € réintégrés dans la succession.
Versements avant 70 ans : abattement de 152 500 € par bénéficiaire
Pour les primes versées avant les 70 ans du souscripteur, chaque bénéficiaire désigné dispose d'un abattement de 152 500 € (source : economie.gouv.fr). Cet abattement est individuel et non partagé.
Au-delà de 152 500 € et jusqu'à 552 324 €, un prélèvement de 20 % s'applique. De 552 324 € à 902 838 €, le taux passe à 31,25 %. Ces prélèvements sont acquittés par les bénéficiaires, prélevés par l'assureur avant versement.
Les gains capitalisés sur ces primes sont totalement exonérés. Un contrat de 300 000 € en valeur de rachat, dont 200 000 € de primes et 100 000 € de gains : seuls 200 000 € (la part prime) sont soumis au barème successoral assurance vie, soit 152 500 € exonérés + 47 500 € à 20 % = 9 500 € de droits.
Versements après 70 ans : le piège des 30 500 € partagés entre tous les bénéficiaires
Pour les primes versées après 70 ans, l'abattement est de 30 500 € tous bénéficiaires confondus (source : economie.gouv.fr). Cet abattement global, partagé entre l'ensemble des bénéficiaires du contrat, est bien moins favorable.
Les primes excédant 30 500 € sont réintégrées à l'actif successoral et soumises au barème classique des droits de succession (abattement selon lien de parenté, puis taux progressifs de 5 % à 45 %). Les gains générés par ces primes ne sont en revanche pas taxés.
Le piège est redoutable. Un contrat alimenté à parts égales avant et après 70 ans voit ses primes scindées en deux masses fiscales totalement distinctes. La rédaction de la clause bénéficiaire devient alors cruciale : désigner plusieurs bénéficiaires pour les primes versées avant 70 ans permet de multiplier les abattements de 152 500 €.
Prélèvements sociaux sur les gains en cas de décès
Au décès du souscripteur, les gains non encore soumis aux prélèvements sociaux le deviennent. Pour les unités de compte, dont les plus-values latentes n'ont jamais subi de PS en l'absence de rachat, le décès déclenche ce prélèvement.
L'assureur calcule et prélève les 17,2 % sur ces gains avant de les reverser aux bénéficiaires. Cette règle est identique que le souscripteur ait moins ou plus de 70 ans. Les bénéficiaires reçoivent donc un capital net de prélèvements sociaux.
Ce mécanisme, souvent ignoré des souscripteurs, réduit le capital effectivement transmis. Un contrat de 200 000 € dont 50 000 € de gains en UC non encore soumis aux PS verra 8 600 € de PS prélevés au décès, portant la transmission effective à 191 400 € avant application des abattements successoraux.
Rente viagère : quelle imposition ?
La sortie en rente viagère constitue une alternative au rachat en capital, souvent négligée. Au lieu de percevoir une somme unique, le souscripteur reçoit des versements périodiques jusqu'à son décès. La fiscalité applicable suit un barème de fraction imposable selon l'âge du crédirentier au moment du premier versement.
Ce barème (source : economie.gouv.fr) traduit une logique actuarielle : plus le crédirentier est jeune, plus la part de la rente correspondant au remboursement du capital est élevée et plus la fraction taxable est importante.
- Moins de 50 ans : 70 % de la rente imposable
- Entre 50 et 59 ans : 50 % imposable
- Entre 60 et 69 ans : 40 % imposable
- À partir de 70 ans : 30 % imposable
La fraction imposable est soumise au barème progressif de l'impôt sur le revenu (après abattement de 10 % pour frais professionnels), tandis que la fraction non imposable correspond au remboursement du capital et échappe à l'IR. Les prélèvements sociaux s'appliquent sur la totalité de la rente, mais à des taux réduits selon l'âge et la nature de la rente (rente viagère à titre onéreux).
Pour les épargnants qui anticipent une espérance de vie longue, la rente viagère peut représenter une optimisation significative par rapport à un rachat en capital imposé au taux de 30 % avant 8 ans. Ce choix suppose une analyse fine du rendement actuariel et de la situation patrimoniale globale, qu'un conseiller en gestion de patrimoine peut modéliser.
Tableau récapitulatif : fiscalité assurance vie selon la durée du contrat
Le tableau ci-dessous synthétise l'ensemble des régimes fiscaux applicables à l'assurance vie selon la durée du contrat et le contexte (rachat ou succession).
| Contexte | Impôt sur le revenu | Prélèvements sociaux | Abattement |
|---|---|---|---|
| Rachat avant 8 ans | 12,8 % (ou barème progressif sur option) | 17,2 % | Aucun |
| Rachat après 8 ans (versements avant 27/09/2017) | 7,5 % après abattement (ou 12,8 % si primes > 150 000 €) | 17,2 % | 4 600 € / 9 200 € |
| Rachat après 8 ans (versements après 27/09/2017) | 12,8 % après abattement | 17,2 % | 4 600 € / 9 200 € |
| Succession, primes avant 70 ans | Prélèvement 20 % puis 31,25 % | 0 % sur les gains (exonérés) | 152 500 € / bénéficiaire |
| Succession, primes après 70 ans | Droits de succession classiques (barème lien de parenté) | 0 % sur les gains (exonérés) | 30 500 € global tous bénéficiaires |
Ce tableau constitue le référentiel de base pour évaluer l'impact fiscal de toute décision sur un contrat d'assurance vie. L'ancienneté du contrat et l'âge du souscripteur restent les deux variables déterminantes.
Comment réduire la taxe sur votre assurance vie : 4 leviers concrets
Optimiser la fiscalité de son assurance vie repose sur quelques principes simples, sans montage complexe. Quatre leviers méritent une attention particulière.
1. Franchir le cap des 8 ans avant tout rachat significatif.
L'économie fiscale est souvent substantielle. Un rachat de 20 000 € de gains sur un contrat de 7 ans supporte 6 000 € de flat tax. Le même rachat sur un contrat de 8 ans et un jour, avec abattement, supporterait, pour un célibataire, une taxation de (20 000 − 4 600) × 7,5 % + 20 000 × 17,2 % = 1 155 € + 3 440 € = 4 595 €, soit une économie de 1 405 € : sous réserve de versements antérieurs au 27 septembre 2017 et d'un encours de primes inférieur à 150 000 €. Différer un rachat de quelques mois peut donc avoir un impact notable.
2. Fractionner les rachats sur plusieurs années civiles.
L'abattement de 4 600 € ou 9 200 € se renouvelle chaque année. Pour un couple marié souhaitant retirer 18 000 € de gains, un rachat en décembre (9 200 € exonérés) suivi d'un second en janvier (9 200 € également exonérés) permet d'effacer totalement l'IR, au lieu d'en subir sur 8 800 € en un seul rachat.
3. Multiplier les bénéficiaires pour la transmission avant 70 ans.
Désigner trois enfants comme bénéficiaires à parts égales permet de mobiliser 3 × 152 500 € = 457 500 € d'abattements, contre 152 500 € pour un bénéficiaire unique. La rédaction précise de la clause bénéficiaire est déterminante.
4. Surveiller le seuil de 150 000 € de versements nets.
Pour les versements antérieurs au 27 septembre 2017, le taux réduit de 7,5 % ne s'applique qu'aux gains correspondant à un encours de primes ne dépassant pas 150 000 € (tous contrats confondus). Au-delà, le taux de 12,8 % reprend. Un souscripteur dont l'encours approche ce seuil peut envisager d'ouvrir un second contrat en unités de compte pour les nouveaux versements, afin de compartimenter la fiscalité.
Ces leviers relèvent de l'optimisation fiscale légale. Ils doivent être envisagés dans le cadre d'une stratégie patrimoniale globale, idéalement avec l'accompagnement d'un professionnel du conseil.
Pour les mesures fiscales récentes, notre article sur les mesures du budget 2026 sur la taxation de l'assurance vie analyse les évolutions en cours.
Sources
Fiche pratique
| Flat tax (rachat < 8 ans) | 30 % (12,8 % IR + 17,2 % PS) : source impots.gouv.fr |
| Abattement annuel après 8 ans | 4 600 € (célibataire) / 9 200 € (couple) : source impots.gouv.fr |
| Taux IR réduit après 8 ans | 7,5 % (versements avant 27/09/2017, primes ≤ 150 000 €) : source economie.gouv.fr |
| Taux IR après 8 ans (versements post-27/09/2017) | 12,8 % : source economie.gouv.fr |
| Abattement successoral (primes < 70 ans) | 152 500 € par bénéficiaire : source economie.gouv.fr |
| Abattement successoral (primes > 70 ans) | 30 500 € global tous bénéficiaires : source economie.gouv.fr |
| Prélèvements sociaux | 17,2 % : source impots.gouv.fr |
| Fraction imposable rente viagère | 70 % (< 50 ans), 50 % (50-59), 40 % (60-69), 30 % (≥ 70) : source economie.gouv.fr |
| Site officiel impôts | impots.gouv.fr |
| Site officiel ministère Économie | economie.gouv.fr |
Cet article est fourni à titre informatif et ne constitue pas un conseil financier personnalisé. Avant toute décision, rapprochez-vous d'un professionnel agréé.
Questions courantes
Quelle est la nouvelle imposition sur l'assurance vie en 2026 ?
En 2026, la fiscalité de base de l'assurance vie reste inchangée : flat tax de 30 % (12,8 % IR + 17,2 % prélèvements sociaux) pour les rachats sur contrats de moins de 8 ans, et taux réduit avec abattement après 8 ans. Des discussions budgétaires ont porté sur une taxation du patrimoine financier, mais aucune modification législative définitive n'a été promulguée à la date de rédaction.
Quels sont les frais quand on retire de l'argent d'une assurance vie ?
Lors d'un rachat, seuls les gains (intérêts et plus-values) sont imposés, pas le capital initialement versé. Les frais fiscaux dépendent de la durée du contrat : flat tax 30 % avant 8 ans, ou taux réduit après abattement au-delà de 8 ans (7,5 % ou 12,8 % selon la date des versements). Des frais contractuels de rachat peuvent s'ajouter selon les conditions de l'assureur.
Est-ce qu'il y a des frais de succession sur une assurance vie ?
L'assurance vie bénéficie d'un régime successoral avantageux, sans être totalement exonérée. Pour les primes versées avant 70 ans, chaque bénéficiaire profite d'un abattement de 152 500 € ; au-delà, un prélèvement de 20 % puis 31,25 % s'applique. Pour les primes versées après 70 ans, l'abattement est limité à 30 500 € partagé entre tous les bénéficiaires, l'excédent réintégrant l'actif successoral.
Est-ce que l'argent d'une assurance vie est imposable ?
L'argent placé sur une assurance vie n'est pas imposable tant qu'aucun rachat n'est effectué. Ce sont uniquement les gains (intérêts, plus-values) qui deviennent imposables lors d'un retrait ou à l'échéance du contrat. Le capital de départ (les primes versées) n'est jamais soumis à l'impôt sur le revenu. Pour les fonds euros, les prélèvements sociaux de 17,2 % sont prélevés chaque année par l'assureur.
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