
Contrat assurance vie : fonctionnement, supports et fiscalité expliqués
Comprendre un contrat assurance vie en 2026 : fonctionnement, supports, frais, fiscalité après 8 ans et règles de succession. Guide pratique avec cas chiffré.

Un contrat assurance vie est une enveloppe d'épargne par laquelle un assureur s'engage, contre le versement de primes, à constituer un capital ou une rente pour le souscripteur ou le bénéficiaire désigné. L'argent n'est pas bloqué : les rachats partiels sont possibles à tout moment. Après 8 ans d'ancienneté, un abattement annuel de 4 600 € (9 200 € pour un couple) s'applique sur les gains lors des rachats (service-public.fr, janvier 2026).
Un contrat assurance vie est une enveloppe d'épargne ouverte à tous les majeurs, qui permet de placer des primes sur des supports variés : du fonds euros garanti aux unités de compte : tout en bénéficiant d'un cadre fiscal avantageux après 8 ans de détention. Contrairement à une idée répandue, l'argent n'y est pas bloqué : les rachats partiels sont possibles à tout moment. Le véritable enjeu se joue sur la combinaison des frais, du choix des supports et de la rédaction de la clause bénéficiaire, trois dimensions que ce guide détaille avec un cas pratique chiffré.
En bref
- L'assurance vie n'est pas un compte bloqué : les rachats partiels sont possibles à tout moment, avec un délai de versement maximal de 2 mois.
- Après 8 ans, un abattement annuel de 4 600 € (9 200 € pour un couple) s'applique sur les gains lors des rachats partiels.
- Seul le fonds euros garantit le capital ; les unités de compte comportent un risque de perte, sans aucune garantie.
- La clause bénéficiaire détermine la transmission hors succession du capital au décès (article L 132-13 du code des assurances).
- Les contrats en déshérence peuvent être retrouvés via l'AGIRA, conformément à la loi du 13 juin 2014.
C'est quoi le contrat d'assurance vie ?
Le contrat assurance vie est un accord par lequel un assureur s'engage, en contrepartie du versement de primes par un souscripteur, à constituer un capital ou à verser une rente : soit au souscripteur lui-même, soit à un bénéficiaire désigné en cas de décès. Les éléments essentiels du contrat doivent être précisés dès la souscription : nature du contrat (assurance-vie individuelle), montant de la garantie offerte et durée (service-public.fr, janvier 2026).
Juridiquement, un contrat assurance vie repose sur l'aléa lié à la durée de vie humaine. Cette construction lui confère un statut hybride : c'est à la fois un produit d'épargne et un outil de prévoyance. Le souscripteur conserve la maîtrise de son épargne sa vie durant. Il peut modifier la clause bénéficiaire, effectuer des rachats partiels, ou encore arbitrer entre les supports d'investissement à tout moment.
Sur le plan pratique, le contrat fonctionne comme une enveloppe fiscale dans laquelle vous logez différents supports. Cette enveloppe n'est pas plafonnée : vous pouvez y verser autant que vous le souhaitez, en une ou plusieurs fois. La contrepartie, ce sont les frais prélevés par l'assureur : frais sur versement, frais de gestion annuels, frais d'arbitrage : qui viennent réduire la performance nette du placement. Une assurance vie expliquée aux nuls détaille ces mécanismes de base pour les débutants.
Souscripteur, assureur, bénéficiaire : les trois acteurs du contrat
Trois acteurs structurent un contrat assurance vie.
- Le souscripteur (ou assuré) : la personne qui signe le contrat, verse les primes et détient le pouvoir de décision. C'est généralement sur sa tête que repose l'aléa lié au décès.
- L'assureur : la compagnie d'assurance qui reçoit les primes, les investit sur les supports choisis et garantit le versement du capital ou de la rente aux échéances prévues.
- Le bénéficiaire : la personne désignée pour recevoir le capital ou la rente en cas de décès du souscripteur. Cette désignation, libre et révocable, constitue le cœur de la stratégie de transmission.
Cette architecture tripartite est fondamentale : elle explique pourquoi le capital versé au décès échappe aux règles successorales classiques. Le bénéficiaire reçoit le capital directement de l'assureur, sans passer par la succession.
Monosupport vs multisupport : quelle différence concrète ?
Un contrat monosupport ne propose qu'un seul support d'investissement, généralement un fonds euros. Le capital est garanti, le rendement est stable mais modeste. Ce type de contrat convient aux épargnants qui privilégient la sécurité absolue.
Un contrat multisupport donne accès à plusieurs supports : un fonds euros, mais aussi des unités de compte (UC) investies en actions, obligations, immobilier ou private equity. Le souscripteur peut panacher son allocation selon son appétit au risque. Selon la répartition des placements des Français (economie.gouv.fr), 58 % des détenteurs privilégient le fonds euros, tandis que 42 % optent pour des supports diversifiés. Le multisupport domine désormais les nouvelles souscriptions, car il permet d'arbitrer entre sécurité et recherche de performance sans changer de contrat.
Pour optimiser au mieux votre investissement, il est essentiel de choisir la meilleure assurance vie 2026 adaptée à votre profil.
Comment fonctionne un contrat assurance vie : versements, supports et durée
Un contrat d'assurance vie se construit dans la durée. Son fonctionnement repose sur trois mécanismes imbriqués : l'alimentation par des primes, l'investissement sur des supports choisis, et la maturation fiscale progressive. Découvrez comment fonctionne concrètement une assurance vie pour une vue d'ensemble détaillée.
L'ancienneté du contrat est la variable centrale. Elle se calcule à partir de la date de souscription et détermine le régime fiscal applicable lors des rachats. Plus le contrat est ancien, plus la fiscalité sur les gains s'allège. Cette mécanique incite à ouvrir un contrat tôt, même avec un versement modeste, pour prendre date.
Les primes versées ne sont pas déductibles du revenu imposable, contrairement au PER. En revanche, la liberté de retrait est totale : le souscripteur peut récupérer tout ou partie de son épargne sans avoir à justifier d'un motif. Le délai légal de versement après un rachat est de deux mois maximum (article L 132-21 du code des assurances).
Fonds euros : capital garanti et rémunération nette
Le fonds euros est le support historique de l'assurance vie. Son mécanisme est simple : l'assureur investit majoritairement en obligations d'État et en immobilier, et garantit le capital net de frais. Chaque année, les intérêts sont capitalisés de manière définitive : c'est l'effet cliquet. L'épargnant ne peut jamais perdre ce qui a été crédité les années précédentes.
La rémunération s'exprime en taux net de frais de gestion, mais brut de prélèvements sociaux (17,2 %). Les taux des fonds euros en 2026 varient selon les contrats et les assureurs. Ce support garantit la sécurité intégrale du capital, ce qui en fait le socle privilégié des épargnants prudents.
Unités de compte : potentiel plus élevé, risque assumé
Les unités de compte (UC) sont des parts ou actions d'OPCVM, de SCPI, de SCI ou de titres vifs. Contrairement au fonds euros, elles n'offrent aucune garantie en capital : leur valeur fluctue à la hausse comme à la baisse selon les marchés financiers.
Le potentiel de rendement est supérieur à celui du fonds euros sur le long terme, mais le risque de perte est réel. Un krach boursier peut effacer plusieurs années de gains. C'est pourquoi les UC sont généralement recommandées pour un horizon de placement d'au moins 8 à 10 ans. L'assureur ne s'engage que sur le nombre d'unités de compte, pas sur leur valeur. Avant d'opter pour des UC, vérifiez que les perspectives de rendement justifient le risque pris, sans jamais considérer un gain comme acquis.
Versements libres ou programmés sur la durée du contrat
Deux modalités de versement coexistent sur un même contrat.
- Les versements libres : montant et fréquence au choix du souscripteur. Un versement minimum à l'ouverture est souvent exigé (quelques centaines d'euros selon les contrats), puis vous alimentez quand vous le souhaitez.
- Les versements programmés : un montant fixe est prélevé automatiquement chaque mois ou chaque trimestre. Ce mécanisme lisse le risque sur les UC (effet de moyenne) et discipline l'épargne.
La durée du contrat est généralement viagère : le contrat prend fin au décès du souscripteur, sauf clause spécifique. Aucune échéance fixe n'oblige à retirer les fonds à une date donnée. Cette absence de terme contraint distingue l'assurance vie d'autres placements comme le compte à terme ou le PEL.
Pour anticiper les implications fiscales de ces rachats, notre simulateur assurance vie 2026 est un outil précieux.
Quel est l'intérêt d'avoir une assurance vie ? Avantages et inconvénients
L'assurance vie ne se résume pas à un rendement. Sa valeur ajoutée tient à trois piliers distincts, qui répondent à des objectifs patrimoniaux différents. Les avantages sont réels mais conditionnés à une gestion rigoureuse du contrat.
Ouvrir un contrat jeune, même avec un versement symbolique, déclenche le compteur fiscal. L'ancienneté constitue le principal levier d'optimisation : après 8 ans, le régime fiscal des rachats partiels devient nettement plus favorable. Ce mécanisme est détaillé dans notre guide sur la fiscalité complète de l'assurance vie en 2026.
💡 À noter : les atouts fiscaux de l'assurance vie sont conditionnés au respect des règles de rachat et à la bonne tenue de la clause bénéficiaire. Une mauvaise application peut anéantir l'avantage successoral.
Les atouts majeurs : fiscalité, transmission et souplesse
L'assurance vie combine trois atouts majeurs.
- Fiscalité allégée dans la durée : après 8 ans d'ancienneté, un abattement annuel de 4 600 € pour une personne seule (9 200 € pour un couple) s'applique sur les gains lors des rachats partiels. Au-delà de cet abattement, les gains sont taxés à 7,5 % (si les primes versées sont inférieures à 150 000 €) ou à 12,8 % au-delà.
- Transmission hors succession : en vertu de l'article L 132-13 du code des assurances (Légifrance), le capital ou la rente payables au décès à un bénéficiaire désigné ne font pas partie de la succession. Le bénéficiaire perçoit le capital directement, sans droits de succession dans la limite des abattements spécifiques à l'assurance vie.
- Souplesse de gestion : versements libres ou programmés, arbitrages entre supports, rachats partiels à tout moment. Le contrat s'adapte aux aléas de la vie sans pénalité contractuelle.
Les inconvénients à connaître avant de souscrire
Plusieurs inconvénients doivent être pesés avant la souscription.
- Frais de gestion annuels : prélevés chaque année sur l'encours, ils amputent la performance nette. Sur un fonds euros, un taux de frais de 0,6 % à 1 % peut absorber une part significative de la rémunération brute.
- Frais sur versements : certains contrats prélèvent jusqu'à 3 % ou 4 % de chaque prime versée. Ces frais, bien que négociables, réduisent le capital investi dès le départ. Vérifiez ce point avant de signer.
- Risque en capital sur les UC : aucune garantie n'existe pour les unités de compte. Un retournement de marché peut entraîner des moins-values importantes.
- Complexité de la clause bénéficiaire : une rédaction imprécise ou obsolète peut aboutir à un contrat en déshérence. Le capital réintègre alors la succession, annulant l'avantage fiscal.
⚠️ Attention : les prélèvements sociaux au taux de 17,2 % (CSG, CRDS, prélèvement de solidarité) s'appliquent sur les gains lors de chaque rachat, quelle que soit l'ancienneté du contrat. L'abattement fiscal après 8 ans ne concerne que l'impôt sur le revenu.
Fiscalité du contrat assurance vie : ce qui change après 8 ans
L'ancienneté du contrat détermine intégralement le régime fiscal applicable aux rachats. Deux périodes distinctes coexistent : avant et après 8 ans. La date de référence est celle de la signature du contrat (prise de date), et non celle des versements.
📌 Important : les prélèvements sociaux (17,2 %) s'appliquent dans tous les cas sur la part de gains incluse dans le rachat. L'abattement fiscal ne les concerne pas. Le gain imposable est calculé au prorata des gains dans l'encours total du contrat.
Le choix entre prélèvement forfaitaire et barème progressif de l'impôt sur le revenu appartient au souscripteur au moment du rachat. Pour un contribuable non imposable ou faiblement imposé, le barème progressif peut s'avérer plus avantageux que le prélèvement forfaitaire unique (PFU).
Avant 8 ans : imposition des gains selon la fiscalité classique
Pendant les 8 premières années du contrat, les gains issus d'un rachat sont soumis au choix du souscripteur :
- Prélèvement Forfaitaire Unique (PFU) : taux de 12,8 % au titre de l'impôt sur le revenu, auquel s'ajoutent les prélèvements sociaux de 17,2 %, soit une taxation globale de 30 %.
- Barème progressif de l'impôt sur le revenu : les gains sont intégrés aux autres revenus et taxés selon les tranches du barème (0 %, 11 %, 30 %, 41 %, 45 %). Cette option est pertinente pour les contribuables dont le taux marginal d'imposition est inférieur à 12,8 %.
Aucun abattement ne s'applique durant cette période. Chaque rachat génère une imposition immédiate sur la quote-part de gains correspondante. Les primes versées, elles, ne sont jamais imposées : seule la part de gain est taxable.
Après 8 ans : abattement et fiscalité allégée sur les rachats partiels
Le cap des 8 ans révolus transforme la fiscalité des rachats partiels.
- Abattement annuel : 4 600 € de gains pour un célibataire, 9 200 € pour un couple soumis à imposition commune. Cet abattement se renouvelle chaque année civile.
- Au-delà de l'abattement : imposition à 7,5 % si le total des primes versées par le souscripteur (tous contrats confondus) est inférieur à 150 000 €. Au-delà de ce seuil, le taux passe à 12,8 %.
- Prélèvements sociaux : toujours au taux de 17,2 %, sans abattement ni plafond.
Il est important de se tenir informé des évolutions, notamment concernant la CSG assurance vie 2026 qui peut impacter le rendement net.
Concrètement, un célibataire détenant un contrat de plus de 8 ans peut retirer chaque année l'équivalent de 4 600 € de gains sans payer d'impôt sur le revenu. Seuls les prélèvements sociaux restent dus.
Cas pratique chiffré : arbitrage fonds euros / unités de compte
Prenons le cas de Marc, 42 ans, cadre dans l'industrie. Il a ouvert un contrat multisupport il y a 9 ans avec 30 000 € de primes versées. L'encours est aujourd'hui de 38 000 €, soit 8 000 € de gains latents. Son allocation actuelle : 60 % sur le fonds euros et 40 % sur des UC actions internationales.
Marc anticipe une remontée progressive des taux obligataires qui pourrait peser sur la performance des actions à moyen terme. Il décide de réallouer 10 000 € des UC vers le fonds euros pour sécuriser une partie de ses gains. Cet arbitrage n'est pas fiscalisé : aucune imposition n'est déclenchée tant qu'aucun rachat n'est effectué.
Six mois plus tard, Marc a besoin de 15 000 € pour financer des travaux. Plutôt qu'un rachat total, il opte pour un rachat partiel. Le calcul de la part de gains imposables s'effectue au prorata : (8 000 / 38 000) × 15 000 = 3 158 € de gains. Son contrat ayant plus de 8 ans, il bénéficie de l'abattement annuel de 4 600 €. Ses gains rachetés (3 158 €) sont entièrement couverts par l'abattement. Aucun impôt sur le revenu n'est dû. Seuls les prélèvements sociaux de 17,2 % s'appliquent, soit environ 543 €.
Ce cas illustre le double intérêt de l'ancienneté et du rachat partiel : optimiser la fiscalité tout en conservant le contrat actif pour les années suivantes. La démarche de rachat implique toutefois l'imposition des gains selon la fiscalité classique du contrat assurance vie (Crédit Agricole, 2026).
Est-il possible de récupérer l'argent d'une assurance vie ? Rachat et avance
Contrairement à une croyance tenace, l'assurance vie n'est pas un compte bloqué. Vous pouvez récupérer votre épargne à tout moment, sans motif à justifier ni pénalité contractuelle. Deux mécanismes coexistent : le rachat et l'avance.
Le rachat consiste à retirer tout ou partie de l'encours du contrat. L'assureur dispose d'un délai légal de deux mois maximum pour vous verser les fonds (article L 132-21 du code des assurances). La part de gains incluse dans le rachat est soumise à la fiscalité décrite précédemment.
L'avance, quant à elle, est un prêt consenti par l'assureur garanti par l'encours du contrat. Elle n'entraîne ni rachat ni imposition immédiate. Le taux d'intérêt et les modalités de remboursement varient selon les contrats. Cette solution est pertinente pour un besoin de trésorerie temporaire, mais l'avance non remboursée réduit le capital transmis au bénéficiaire.
Rachat partiel : conserver son contrat tout en récupérant des fonds
Un rachat partiel vous permet de retirer une somme tout en maintenant le contrat actif. Le capital restant continue de fructifier et l'ancienneté fiscale est préservée.
Deux stratégies sont possibles selon la maturité du contrat :
- Avant 8 ans : privilégier le rachat partiel au rachat total pour ne pas perdre l'ancienneté accumulée. La fiscalité est moins favorable, mais le contrat continue de mûrir.
- Après 8 ans : utiliser l'abattement annuel de 4 600 € (ou 9 200 €) pour des rachats réguliers défiscalisés. Cette méthode permet de sortir progressivement les gains sans impôt sur le revenu.
Le rachat partiel n'affecte pas la clause bénéficiaire. Le contrat poursuit son existence juridique et le bénéficiaire désigné conserve ses droits sur le solde.
Rachat total : clôture du contrat et conséquences fiscales
Le rachat total met fin au contrat. L'assureur clôture le compte et verse l'intégralité de l'encours, diminué des prélèvements fiscaux et sociaux sur les gains. Toute l'ancienneté accumulée est perdue.
Ce choix se justifie dans deux situations :
- La volonté de récupérer l'intégralité du capital pour un projet (achat immobilier, transmission anticipée).
- La performance décevante du contrat justifiant un transfert vers un autre placement.
Avant d'opter pour un rachat total, vérifiez que les gains taxables ne vous feront pas franchir un seuil d'imposition défavorable. Un rachat partiel étalé sur deux années civiles peut permettre de bénéficier deux fois de l'abattement annuel.
Comprendre les règles du rachat partiel assurance vie 2026 est essentiel pour une gestion optimisée de votre capital.
⚠️ Attention : un rachat total est irréversible. L'ancienneté fiscale est définitivement perdue. Si vous rouvrez un contrat ultérieurement, le compteur fiscal repart de zéro.
Contrat assurance vie et succession : désignation du bénéficiaire et contrats en déshérence
La clause bénéficiaire est l'élément clé de la transmission en assurance vie. Elle détermine qui recevra le capital au décès du souscripteur. En vertu de l'article L 132-13, alinéa 2 du code des assurances (Légifrance), le capital ou la rente payables au décès ne font pas partie de la succession. Le bénéficiaire désigné reçoit le capital directement de l'assureur.
Cette transmission échappe aux règles du droit successoral classique : pas de rapport à la succession, pas de réduction pour atteinte à la réserve héréditaire (sauf primes manifestement exagérées). Un outil puissant, à condition de maîtriser sa rédaction.
L'erreur la plus fréquente : ne jamais mettre à jour la clause bénéficiaire après un changement de situation familiale. Un bénéficiaire décédé, une mention trop vague, et le capital peut basculer dans la succession, perdant ainsi tous les avantages fiscaux et civils de l'assurance vie.
Rédiger la clause bénéficiaire : l'erreur à ne pas commettre
Une clause bénéficiaire mal rédigée peut anéantir la stratégie de transmission. Voici les écueils concrets.
- Bénéficiaire décédé : si le bénéficiaire unique désigné est décédé et qu'aucun bénéficiaire subsidiaire n'est prévu, le capital réintègre la succession. Résultat : les droits de succession s'appliquent.
- Mention « mes héritiers » : trop imprécise, elle oblige l'assureur à rechercher les héritiers légaux, avec des délais et des risques de contestation. Préférez une désignation nominative avec bénéficiaires subsidiaires.
- Absence de mise à jour : après un divorce, un remariage ou la naissance d'un enfant, la clause initiale devient souvent inadaptée. La mise à jour est gratuite et peut se faire par simple avenant.
Une clause bien rédigée comporte un bénéficiaire de premier rang, un bénéficiaire subsidiaire (en cas de prédécès) et une formule de représentation pour les descendants. Exemple : « Mon conjoint, à défaut mes enfants nés ou à naître, vivants ou représentés, à défaut mes héritiers. »
Contrat en déshérence : comment utiliser l'AGIRA pour retrouver un contrat
Un contrat tombe en déshérence lorsque l'assureur ignore l'identité ou les coordonnées du bénéficiaire au moment du décès du souscripteur. Le capital reste alors bloqué chez l'assureur, sans être réclamé.
La loi n° 2014-617 du 13 juin 2014, relative aux comptes bancaires inactifs et aux contrats d'assurance vie en déshérence (economie.gouv.fr), a renforcé les obligations des assureurs. Ils doivent désormais rechercher activement les bénéficiaires en interrogeant le fichier national des personnes décédées.
Si vous pensez être bénéficiaire d'un contrat dont le souscripteur est décédé, la procédure AGIRA (Association pour la Gestion des Informations sur le Risque en Assurance) vous permet d'effectuer une recherche gratuite. Il suffit d'adresser un formulaire à l'AGIRA avec les éléments d'identité du défunt. L'association interroge l'ensemble des assureurs et vous communique les contrats trouvés. La démarche est accessible sur le site agira-assurance.fr.
💡 À noter : la recherche AGIRA est gratuite. Aucun intermédiaire payant n'est nécessaire. Méfiez-vous des sociétés proposant de retrouver des contrats en déshérence contre rémunération.
Fiche pratique
| Abattement annuel après 8 ans (personne seule) | 4 600 € de gains exonérés d'IR |
| Abattement annuel après 8 ans (couple) | 9 200 € de gains exonérés d'IR |
| Prélèvements sociaux (CSG/CRDS) | 17,2 % sur les gains, quelle que soit l'ancienneté |
| Imposition avant 8 ans | PFU 12,8 % ou barème progressif de l'IR |
| Imposition après 8 ans (hors abattement) | 7,5 % (si primes < 150 000 €) ou 12,8 % au-delà |
| Transmission au décès (art. L 132-13) | Capital hors succession pour le bénéficiaire désigné |
| Délai de versement après rachat | 2 mois maximum (article L 132-21 du code des assurances) |
| Recherche contrat en déshérence | AGIRA : agira-assurance.fr |
Sources
Cet article est fourni à titre informatif et ne constitue pas un conseil financier personnalisé. Avant toute décision, rapprochez-vous d'un professionnel agréé.
Questions courantes
C'est quoi le contrat d'assurance vie ?
Un contrat assurance vie est une enveloppe d'épargne par laquelle l'assureur s'engage, en contrepartie de primes versées, à constituer un capital ou à verser une rente au souscripteur ou à un bénéficiaire désigné. Ce n'est pas un produit bloqué : vous pouvez effectuer des rachats partiels à tout moment. Les éléments essentiels (nature du contrat, montant de la garantie, durée) doivent être précisés dès la souscription selon service-public.fr (janvier 2026).
Quel est l'intérêt d'avoir une assurance vie ?
L'assurance vie cumule trois atouts : une fiscalité allégée sur les gains après 8 ans d'ancienneté, une transmission du capital hors succession grâce à la clause bénéficiaire (article L 132-13 du code des assurances), et une grande souplesse de gestion (versements libres ou programmés, arbitrages entre fonds euros et unités de compte). Elle convient à la constitution d'une épargne de précaution comme à la préparation de la retraite.
Quels sont les inconvénients d'un contrat d'assurance vie ?
Les principaux inconvénients sont les frais de gestion annuels et parfois les frais sur versements, qui réduisent la rémunération nette du placement. Les unités de compte n'offrent aucune garantie en capital, ce qui expose à des moins-values. La complexité de la clause bénéficiaire peut entraîner un contrat en déshérence si elle n'est pas mise à jour régulièrement.
Est-il possible de récupérer l'argent d'une assurance vie ?
Oui, vous pouvez récupérer votre épargne à tout moment via un rachat partiel ou total, sans attendre l'échéance du contrat. Un rachat partiel permet de retirer une somme tout en maintenant le contrat actif ; un rachat total entraîne la clôture du contrat et déclenche l'imposition des gains selon la fiscalité applicable. L'avance sur contrat est une alternative qui évite le rachat et donc l'imposition immédiate.
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